Féminismes & pop culture – JENNIFER PADJEMI


Chronique d’une cinéphile

Dès notre plus jeune âge, nous sommes soumis(es) aux influences médiatiques : télévision, radio, presse écrite, avec désormais, les médias sociaux qui entrent en jeu.

Alors, comment ne pas interroger l’impact de ces contenus sur nos comportements ?

C’est en ce sens que ce livre est écrit. Étant sériephile/cinéphile*, je trouve l’ouvrage pertinent quant aux choix des films et/ou des séries qui y sont étudiés. À travers nos programmes TV préférés, la musique, les People, dont le quotidien fascine autant qu’il agace, l’autrice et journaliste Jennifer Padjemi interroge le rôle de la culture populaire dans nos rapports sociaux.

Comment expliquer cette relation entre la consommation de masse, notre perception de nous-mêmes et du monde qui nous entoure ? Mais surtout, comment expliquer la corrélation entre la culture populaire et les questions qui agitent notre société comme les mouvements féministes ?

Qu’en est-il aujourd’hui, à l’heure où internet s’amasse dans notre quotidien ? Qu’est-ce que le féminisme 2.0 dans nos smartphones, véritables supports d’informations des plus superflues aux plus essentielles ? Où se situe la cause dans nos écrans tandis que les plateformes de streaming remettent en question notre mode de consommation du divertissement ?

Aujourd’hui, certains diraient que les mouvements, dans leur ensemble, semblent dépolitisés et relèvent plus d’une tendance que d’un combat à mener. Si le courant de pensée largement diffus et accessible est bienvenu, constater son « effet pervers » à travers le mainstream par une instrumentalisation à des fins mercantiles est discutable. Les industries capitalistes empruntent les codes des mouvements pour leurs profits.

Qui n’a pas déjà été témoin d’une action dite féministe un 8 mars à coup de promos rose bonbon sur des articles genrés ? À qui cela profite-t-il réellement ?

Est-ce que ces mêmes compagnies entreprennent une démarche éthique au sein de leurs organisations, au-delà de leurs performances économiques ou s’adonnent-elles délibérément au purple-washing ?

Finalement, n’est-ce pas le boulet de tout mouvement vulgarisé qui oriente sensiblement les habitudes des consommateurs : une appropriation marketing. (Je pense notamment au greenwashing après l’essor des enjeux écologiques dans les entreprises).

Alors est-ce que ce « féminisme populaire » est crédible ? Est-il un vecteur de changements profonds ? Autant de pistes intéressantes sont abordées dans cet ouvrage.

En outre, l’autrice interroge les représentations (ou non-représentations) des femmes noires. Ces représentations sont-elles pour autant représentatives ?

Si les personnes dites minoritaires sont représentées dans les programmes télévisés, elles sont, pour la plupart, stéréotypées et manquent cruellement de profondeur. On a tous et toutes vu cette série ou ce film dont le personnage secondaire – souvent noir(e) – n’est que le meilleur ami du personnage principal – souvent blanc(he) – et n’a aucune perspective représentative à part être le/la meilleur(e) ami(e) en question. Aujourd’hui, la tendance s’inverse de plus en plus (mention spéciale pour Insecure, Queenie, Forever, Rap Shit etc…).

Qu’on le veuille ou non, notre imaginaire s’imprègne de ce que nous consommons jusqu’à influencer et reconsidérer notre vision du monde, et au passage, soulever des débats voire des polémiques sur la toile (X, ex-Twitter en tête de liste by the way).

Ébranler les croyances basées sur la redondance systématique des clichés pour une représentation juste et pédagogue est nécessaire avec des programmes responsables surtout si le public ciblé est adolescent.

À titre d’exemples :

=> la série Thirteen Reasons Why adopte une démarche préventive contre le suicide.

=> même constat du côté de Sex Education où l’éducation sexuelle est décomplexée.

=> je peux également citer le reboot de Hartley cœur à vif qui est une belle illustration d’une représentation sociale contrastée.

Pour conclure, dans un angle afroféministe, ce livre apporte une perspective indispensable à notre rapport à la pop culture dans laquelle nous baignons quotidiennement.

Je le recommande d’urgence.


*Post annexe :

J’adore les films/séries brillamment construits. J’en ai une pléiade à conseiller que l’on peut, pour certains, retrouver sur Netflix ou OCS (liste non exhaustive).

Les incontournables qu’on ne présente plus

Films : Gone Girl; Seven; L’effet papillon ; Black Swan; Us ; La légende de Sleepy Hollow (2000) ; Le diable s’habille en Prada (juste pour la performance incroyable de Meryl Streep) ; Interstellar…

Séries : Game of Thrones; Breaking Bad; Top Boy; Insecure; Euphoria; Nola Darling; certains épisodes de Black Mirror; House of cards…

Les pépites entre les mailles du filet mainstream (ou presque)

Films : Green Book, sur les routes du sud ; Moonlight; Les arbres de la paix ; Waves; L’affaire Roman J ; Flight; Clair Obscur ; Beauté cachée ; Tous nos jours parfaits ; Un homme idéal, Cher John…

Séries : The Haunting of hill house; Maid; Love & Anarchy; Duchesse ; Bodyguard; Young Royals; Ratched; CastleVania; Fringe, Why are you like this…

Et comment ne pas mentionner les œuvres incroyables du studio Ghibli, dont celles initiées par Hayao Miyazaki :

Princesse Mononoké ; Le conte de la princesse Kaguya ; Le voyage de Chihiro ; Le château ambulant ; Le garçon et le héron…

Remarque : La liste des pépites est plus longue. J’ai un faible pour le cinéma qualitatif presque de niche, avec une petite préférence pour les créations hors du spectre hollywoodien.

Alors, glissez-moi vos recos en commentaires !

Mosayis.

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4 réponses à « Féminismes & pop culture – JENNIFER PADJEMI »

  1. Avatar de Cédric BOBI
    Cédric BOBI

    Coucou 😊

    Alors toujours chez Ghibli je dirais aussi  » Le tombeau des lucioles »

    En série : « La chute de la maison USHER », « the boys » même si ça part un peu un sucette, les supers héros pas dérangés c’est cool. , « la reine Charlotte » même si j’ai pas aimé les chroniques de bridgerton

    En film : « Je te promets », « au coeur de l’océan », « Serenity », « Il était temps » génial, je te recommande vraiment. « Fair play »

    Et je vais m’arrêter là en me laissant le droit de revenir si quelque chose me vient.

    Aimé par 1 personne

    1. Avatar de Kate

      Je confirme pour « la chute de la maison Usher » 🙂 Merci pour tes retours ! Je note tout ça précieusement.

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  2. Avatar de Cédric BOBO
    Cédric BOBO

    J’aime ta plume, ton analyse et ton esprit critique

    Très bon post, au plaisir de te lire « encore »

    Aimé par 1 personne

    1. Avatar de Kate

      Merci Cédric 🙂

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4 réflexions sur “Féminismes & pop culture – JENNIFER PADJEMI”

  1. Coucou 😊

    Alors toujours chez Ghibli je dirais aussi  » Le tombeau des lucioles »

    En série : « La chute de la maison USHER », « the boys » même si ça part un peu un sucette, les supers héros pas dérangés c’est cool. , « la reine Charlotte » même si j’ai pas aimé les chroniques de bridgerton

    En film : « Je te promets », « au coeur de l’océan », « Serenity », « Il était temps » génial, je te recommande vraiment. « Fair play »

    Et je vais m’arrêter là en me laissant le droit de revenir si quelque chose me vient.

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