Bad Feminist – ROXANE GAY


Féminismes, paradoxes, rap and shit

© Mosayis

Je n’aime pas les étiquettes.

Elles sont réductrices et s’accompagnent souvent de connotations dans lesquelles je ne me reconnais pas toujours. Mais je dois arborer celle de la féministe pour contextualiser mes propos qui vont suivre. Cela ne sous-entend pas que je ne suis pas féministe. Comme beaucoup de femmes, malheureusement, je vis des expériences traumatisantes, misogynes et sexistes, encensées par la société patriarcale.

De facto, je tends vers une évolution collective, je suis donc naturellement féministe.

Cela dit, il serait trop simple pour moi de brandir une étiquette associée à un mouvement, quel qu’il soit, avec les préceptes et discordes qu’il suscite.

À la question : Suis-je féministe ? Je refuse d’apporter une réponse fermée. J’évite les raccourcis qui entraveraient ma pensée libre et j’aborde l’angle de la nuance. .

Je dirais donc que je suis une féministe (afroféministe avant tout) en oscillation face à l’idéologie commune et ses « dérives ». Et c’est là que je rejoins l’autrice. Elle aborde un point précis à contre-courant d’une pensée unique. « Un féminisme imparfait ». En clair : libre d’être.

Bien évidemment, dénoncer fermement les injonctions du patriarcat est urgent, mais est-ce possible sans en créer d’autres au nom d’une cause ?

Comme j’ai pu constater la polémique sur Jlo1 qui a décidé, à l’issue de son mariage, de porter le nom de famille de son époux. Un choix qualifié de « contresens féministe ».

Le contresens n’est-il pas justement de condamner son choix ? Où commence et où s’arrête la liberté ? Est-ce que de nouvelles normes s’érigent au sein d’un mouvement censé être libérateur ? Est-ce que le mouvement détermine l’identité ? Que devient l’individualité au sein d’un engagement communautaire ?

Sortir d’un moule et rentrer dans un autre… N’est-ce pas le jeu du système ? Je m’interroge…

L’idée n’est pas de remettre en question l’importance d’une cause émancipatrice qui éveille les consciences de toutes et tous, accompagne les femmes et revendique plus de justice, entre autres. La sensibilisation est indispensable, la sororité essentielle.

Mais à une échelle personnelle — et mon avis n’engage que moi — dans cette société complexe et paradoxale, je suis pour un « féminisme honnête » où ma participation tient compte de mes conscientisations constantes avec leur lot de maladresses, de contradictions et bien sûr, d’apprentissages croissants. Cela contribue à la sphère vaste qu’est l’ensemble de mon expérience de vie.

Je suis une personne à part entière, avec des goûts, une culture, un art de vivre. Ces caractéristiques peuvent être à l’opposé des codes idéologiques supplantés par des superpositions d’injonctions.

J’apprécie ce livre de Roxane Gay. Il est drôlement franc tout en abordant des sujets on ne peut plus sérieux.

Oui, comme tante Roxie, j’écoute entre autres, du rap/r&b (années 90/2000 en tête de playlist) loin d’être décents, mais est-ce que cela fait de moi une femme moins féministe qu’une autre ?

Tante Roxie aborde des sujets sensibles de manière tranchée, non maniérée. Elle ne fait pas dans la bienséance.

J’ai eu la sensation de me faire gronder à la lecture. Sa plume a l’effet d’une gifle.

En quelques lignes et trois centaines de pages, tante Roxie te rééduque.

C’est à prendre ou à laisser.

Ciao !

Mosayis.

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On se retrouve sur les réseaux ?

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  1. Source :https://www.terrafemina.com/article/jennifer-lopez-devient-lopez-affleck-la-chanteuse-repond-aux-critiques-sur-son-changement-de-nom_a366899/1 ↩︎

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